JJ's profileLe bocal du mesrouilles....PhotosBlogListsMore Tools Help

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    7/18/2009

    L'après-tempête sous un crâne


    Il régnait ce soir en Avignon un temps qui me rappelait non sans un certain plaisir ce que je préférais dans le sud-ouest: les heures précédant l'orage, quand la tempête vous envoie un SMS pour vous dire qu'elle arrive à grands pas.


    Un "je ne sais quoi" menaçant dans l'air, le vent qui devient en même temps un bienfait (cassant la chaleur) et une plaie lorsqu'il remplit trop bien son office... ou qu'il retourne votre "main" alors que vous jouiez aux cartes entre amis en ayant laissé la fenêtre ouverte (quelle idée aussi, de la poser sur la table le temps d'aller chercher les bières. Vos potes auraient très bien pu en profiter pour tricher ! )... Hélas, ici, le vent ne signifie pas nécessairement qu'on va réellement prendre ladite menace sur le coin de la gueule (je me suis déjà fait avoir) mais bon, passons.

    J'en ai profité, après avoir vu pour la énième fois ces dernières semaines qu'hélas nous étions quasiment SDF ("Sans Dancefloor fixe": la Bodeguita se vide, se vide... pendant que son concurrent se gave, souvent avec du tout-venant mais ça suffit à créer le leurre qu'on appelle vulgairement "ambiance" ) et n'ayant au final pas dansé depuis lundi soir (l'horreur absolue... demain, c'est pas possible, même si je devais me péter une jambe dans l'après-midi j'irai au sacro-saint rendez-vous du Sonograf' dans la soirée), pour aller marcher en ville. Dans les rues passantes, contrairement à mon réflexe le plus naturel en cette période de festival (mot qui a un pluriel évident: "un festival, des cohortes de veaux" ).

    Je voulais "constater". Je l'ai pas mal fait, ces temps-ci, dans des domaines plus ou moins (f )utiles.

    Constater par exemple, une fois de plus, que les rats, les insectes et même les militaires sont supérieurs à l'espèce humaine: eux au moins, lorsqu'ils vivent en société, développent une forme d'intelligence collective alors que, décidément, les gens me font plus penser à des sortes de Shadocks qui, certes, ne pompent pas toujours (si ce n'est l'ozone de leur pairs), mais ne font pas particulièrement plus preuve d'esprit qu'un troupeau d'ovins (ou de bovins, on n'est pas à deux lettre près ni à une apostrophe en moins). Bon, certes, il existe et existera toujours des exceptions, des gens qui feront preuve d'un minimum de sens pratique et qui sauront s'organiser afin de défendre une cause, de la plus noble à la plus ignoble (là, par contre, les deux lettres changent tout )...

    J'en profite pour pointer là l'un des nombreux paradoxes qui m'amusent au moins autant qu'ils ne m'exaspèrent: il est des représentant(e )s de notre espèce qui vous parleront d'ouverture d'esprit, d'ouverture aux autres, du devoir d'aimer les gens en vous disant qu'eux en tout cas ils les aiment... pour ensuite vous préciser qu'il ne faut pas faire cas de leur regard ou de leur(s) bêtise(s). Quand ils ne hurlent pas carrément dès que trois abrutis les ennuient d'une façon ou d'une autre (au volant par exemple). Faudrait savoir: ils sont bien ou pas bien, les gens ? Et bien non, désolé, je ne ferais pas mienne cette grossière incohérence. Tout le monde il n'est pas beau, tout le monde il n'est pas gentil, et s'il est évident que les individus valant la peine que l'on s'intéresse à eux ne sont pas aussi rarissimes que les exemples de "progressisme" chez notre papounet Renault XVI, chacun de mes con-génères devra me prouver sa valeur avant que je ne lui accorde plus qu'une once de con-sidération. C'est de bonne guerre, ils n'agiront certainement pas différemment envers moi. Bon, il faut savoir faire un premier pas car les personnes de valeur ne sont généralement pas celles qui se mettent le plus en avant (donc il faut bien aller les chercher là où elles se trouvent), mais il faut également éviter de gaspiller temps, énergie et "beaux sentiments" car ceux-ci sont aussi précieux que trop souvent bafoués.

    Faut pas croire, ce n'est pas parce que je méprise l'espèce humaine au sens large que je suis pour autant totalement indifférent, plus égocentré que la moyenne ou spécialement aigri (quoique, là, ça peut se discuter sur certains points précis), bien au contraire. Lorsque je regardais tout à l'heure "la masse" s'agiter, j'ai fini par voir les petits groupes. Tous ces gens qui, eux, justement, ne voient que leur petite galaxie sans vraiment se préoccuper du reste de l'univers. Cela leur en toucherait une sans faire bouger l'autre si on leur rappelait que pour une personne qui rit il y en a une qui pleure, pour une qui savoure une coupe de champagne deux meurent de soif et que pour une qui se gave de caviar il y en a bien quelques dizaines qui crèvent de faim... ils vous diront le contraire, certes, mais n'y penseront plus dans la minute qui suit... je n'aime pas non plus l'espèce d'hypocrisie plus ou moins consciente qui veut que l'on s'indigne lorsqu'on nous met ces faits sous le nez mais que la plupart de ces mêmes personnes ne feront pour ainsi dire jamais aucun acte de "résistance" en la matière. Moi non plus je n'agis pas des masses, mais au moins j'ai la décence de ne pas la ramener. Tant qu'à y être, je vous renvoie au sketch de "l'artiste dégagé" de notre regretté Desproges:

                                                    

    Dans un tout autre registre, je me suis remis en mémoire un constat pour le moins évident fait il y a pourtant quelques mois déjà: il faut savoir assumer ce que l'on est. On m'a encore redit récemment que je me rabaissais et que j'étais quelqu'un de bien (venant d'une personne qui me connait depuis peu, ce dernier point ne manque pas nécessairement de sel. Il ne faut jamais être sûr de rien dans ce domaine, même avec ceux que l'on côtoie depuis des années... ce n'est pas Aza qui me contredira, bien au contraire. Ni même Alex, je pense). Oui, c'est certainement vrai car même si je ne suis pas (encore ?) quelqu'un de "populaire", j'ai malgré tout l'essentiel: des gens en qui je peux me fier malgré mes "bizarreries" du moment, que je dois même pouvoir compter sur les doigts des deux mains. J'ai aussi été capable de commencer à "bâtir" à une époque, remontant au passage des personnes qui en avaient aussi besoin que moi, et même si j'ai hélas merdé à un moment cela veut dire que la chose ne sera pas impossible pour peu que je tire les conséquences des erreurs du passé.

    Seulement voilà, s'il est facile d'assumer une qualité, ça l'est nettement moins d'assumer un défaut, surtout quand il est abject. Je peux être fier de dire que je sais être prévenant avec ceux que j'aime, que je suis intelligent, drôle et par dessus le marché un bon coup (là, à titre informatif, je veux savoir qui aura éclaté de rire ). Je le suis moins de mon embonpoint (je devrais surtout dire de ma "faiblesse" face aux bonnes choses et/ou en cas de baisse de moral, qui ne m'aidera pas à régler le problème), du "pessimisme" dont j'ai du mal à me défaire (restant lié à la douance maintes fois évoquée, avec la vision globale et cruellement lucide qu'elle peut donner sur le monde ou sur soi-même. En fait c'est être objectif sur ce qui ne va pas, avec le risque de masquer facilement ce qui ne va pas si mal), d'un côté parfois cassant (entendons-nous bien: je n'ai pas une grande estime de moi mais bien des gens me donnent des raisons d'en avoir encore moins pour eux. Ce n'est pas de ma faute s'ils sont adeptes du nivellement par le bas. En plus j'ai le malheur de savoir que j'ai oublié d'être con, ce qui est à double tranchant -surtout quand je suis dans l'erreur-)...

    Sauf que d'autres, probablement sans même chercher à savoir s'il fallait être fier d'une chose ou s'il devraient la corriger, foncent dans le tas sans se soucier de leurs défauts. A tel points que ceux-ci, aussi gros soient-ils, finissent parfois par être mis au second plan par leurs vis-à-vis, quand ces félons n'arrivent carrément pas à en faire des armes (esprits "calculateurs", voire "manipulateurs" ). Je présume que c'est ce qui permet à des gens détestables de "réussir" sur bien des plans, dans le travail et plus encore en amour (15 ans d'observations attentives aux 4 coins de l'Hexagone ont fini par con-vaincre mes potes et moi-même que l'absurdité du genre humain va se nicher partout en général, mais plus encore dans ce domaine en particulier*). Cela doit être ce qui me manque, et qui fait que je suis souvent en échec par rapport à eux (ce qui n'est pas sans engendrer une certaine rancoeur... contre moi-même: "valoir" moins que ceux qui ne valent déjà pas grand-chose, c'est dur à vivre). Si j'assumais vraiment tout, au moins le temps de me sortir pour de bon le cul des ronces, ça pourrait ne pas toujours être catholique (en même temps, Renault XVI ne donne pas trop envie de l'être) mais cela pourrait s'avérer diablement efficace (m'enfin tout de même, de là à passer à Satan... hum).

    Rassurez-vous, malgré tout, car bien que je brosse un tableau très noir des choses j'arrive à mettre de plus en plus régulièrement quelques coups de craie blanche au milieu, allant jusqu'à trouver de bons côtés dans de mauvaises choses. Après tout, il n'y a pas de raison que je ne puisse pas faire au moins aussi bien que ceux que j'exècre, le tout étant de trouver le meilleur angle d'approche pour chaque "problème" !

    * J'en appelle d'ailleurs au soutien technique de mes petits camarades: qui se dévouera pour tester mon prototype d'appeau à "(jeunes) femmes modernes" ? Le kit est constitué d'une casquette, d'un futal qui donne l'impression que vous avez le cul au niveau des genoux, d'une chaine dorée et d'un mot à répéter à intervalle régulier: "Wesh- wesh ! ... Wesh - Wesh ! ..."

    Comments (1)

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    ce que j'aime ton blog ! c'est un régal. Je vois que tu ne vas pas trop mal... nos con-citoyens t'inspirent c'est bien.
    As-tu pensé à t'inscrire sur "on va sortir"... ça pourrait te rapprocher de gens qui te correspondraient.
    Je ne t'ais peut être pas dit.... depuis que j'ai admis que l'humain est une erreur, un ratage sur cette planète, je suis devenue sociable, plus gaie, plus détachée des rapports humains, en bref : beaucoup plus heureuse et détendue.

    J'aime ton côté sarcastique, caustique, réaliste, observateur, critique, humoristique... et la façon dont tu mets tout ça en mots.

    à bientôt bises

    (tout ceci en vrac, mais l'essentiel est dit)
    July 21

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